Les 10 erreurs du photographe débutant

Je viens de tomber sur un article sur les erreurs des photographes débutants. Et ça m’a bien fait rire. Non pas pour me moquer, la plupart du temps c’est bien à propos. Seulement, les gens qui lisent l’article oublient trop souvent la véritable signification de la photographie : voir et capturer une image. Le reste, ce n’est que de la technique. Forcément, le commun des mortels va user et abuser de la manière de faire qui est à la mode…

J’ai donc pris la liberté de revoir et de corriger (ou passer au vitriol) la check-list.

  1. Les couleurs sélectives.
    C’est une erreur à part entière. Choisissez en couleur et noir et blanc. Les bidouilles à la mord moi le nœud, c’est un truc d’artistes. Vous prenez de la drogue? Vous avez un lourd passif psychiatrique? Non, alors n’essayez pas de faire de l’art. (merci à mes amis artistes de m’insulter dans les commentaires)
  2. Le HDR.
    Avant de faire le malin avec des trucs high-tech, apprenez à exposer correctement une image, vous verrez que vous pourrez en tirer beaucoup plus au post-traitement. En plus le HDR est peu compatible avec les sujets en mouvement, puisqu’il nécessite, comme le bracketting, plusieurs vues…
  3. Mettre de la musique sur une galerie de photos en ligne.
    Non, non et non. Vous êtes photographe ou musicien? Et puis, le trash métal est pas du goût de tout le monde.
  4. Utiliser des lieux communs pour vanter son travail.
    Oui, oui, vous « capturez des instants », tout ça. Tous les photographes le font en principe : c’est le concept de la photographie…. Sinon, ils sont franchement mauvais.
  5. Donner des titres poétiques à ses photos.
    Encore une fois, votre spécialité est sensée être l’image. La littérature, c’est comme la musique, laissez ça à ceux qui ne font que ça et concentrez vous sur la photographie. L’émotion doit émaner du cliché, et de rien d’autre. Au mieux on ne vous comprendra pas, au pire on vous collera l’étiquette d’amateur kitsch.
  6. Montrer toutes ses photos.
    Absolument toutes. 500 instantanés sur un shoot, forcément, y a du gâchis. Soyez intraitable. Une dizaine devraient suffirent. Encore que si c’est une galerie qui montre l’étendue de vos talents sans rentrer dans le détail d’une séance de prise de vue en particulier, il ne devrait en rester qu’une seule..
  7. Du matériel, toujours plus de matériel : more is less.
    Peu de matériel vous oblige à tout donner pour tirer des bonnes photos. Trop de matériel vous pollue l’esprit : prendre plutôt le 50 ou le 80mm? Le temps de sortir l’objectif du fourre-tout et l’instant, à l’instar de l’oiseau, s’est envolé. (vous voyez, la poésie, c’est pas pour tout le monde). Un boitier bien maîtrisé couplé à un bon zoom trans-standard permet de se sortir de la plupart des situations. Le reste, ça devient du luxe. Rappelez vous Nicéphore (Niépce), il était déjà bien content de disposer d’une camera obsura et d’un sténopé. Si lui en était cap’, pourquoi pas vous?
  8. Vouloir à tout prix se montrer méga-pro.
    Un coup d’œil à vos photos devrait suffire à savoir si vous maîtrisez votre sujet. L’humilité n’a jamais tué personne. Il faut aussi savoir que professionnellement parlant, la photo n’a rien de tellement glamour : on ne sort pas l’appareil pour se faire plaisir, c’est un outil de travail qui demande une extrême précision et une haute technicité (beaucoup plus qu’on ne le croit). Le tout dans des délais réduits : pas le temps de se perdre en réglages innombrables à chaque déclenchement. On est dans une logique de production. Il faut aussi une science la lumière digne des plus grands physiciens. C’est un beau métier, mais c’est un travail. Un boulot. Un taf. Y a des jours où le photographe à envie de tout jeter par la fenêtre. Mais il continuera à prendre des photos parce qu’il soit payez son loyer sa bouffe… Ok, parfois y a des beaux mannequins mais certains sont de véritables pestes. Et y a des jours, y a des boîtes de petits pois à photographier. Si vous faites de la photo par passion, se faire payer pour un shooting est toujours intéressant, mais gardez à l’idée que vous vous faites plaisir.
  9. Balader son appareil dans les salons.
    Nos amis les animaux n’y sont généralement pas acceptés, même tenus dans les bras. Si vous souhaitez lui faire faire sa petite promenade quotidienne, préférez la parc en bas de chez vous. En plus les déjections dans les allées d’un salon, c’est pas top. Pardon? vous parliez d’un… Appareil photo? Oui, Moi aussi. Plus sérieusement, votre reflex (ou autre, je ne suis pas sectaire) ne vous y servira pas, pourquoi l’amener? C’est comme se balader avec une enseigne au néon qui vous désignerait comme une amateur jusqu’à la fin de vos jours.
  10. Retoucher ses images plutôt que les exposer correctement.
    Vous êtes du genre à faire du HDR vous, hein? Je le savais. Avant de quitter définitivement ce blog (vos clics ne valent rien de toute manière), dites moi, par curiosité, pour une journée de shoot (on dira 500 photos, si vous en faites moins, vous ne faites que des photos de vacances et ça compte pas) vous passez combien de temps en retouche? Trois jours? Une semaine? Moi, à choisir, je préfère le terme « photographe » plutôt que « retoucheur » sur une carte de visite. Ça en jette plus.

Jamais mauvaise langue, j’avais juste envie de donner mon point de vue sur le sujet. Si ça vous faire marrer, ou dresser les cheveux sur la tête, on en rigole ensemble. (oui, je sais que j’ai un article sur le flash qui traîne, je ne l’oublie pas)

Et parce que c’est pas cool de pomper ce que font les petits copains en s’en attribuant tout le mérite, voici le lien de l’article de Nicolas Croce qui m’a servit de base. Lui même tiré de l’article de Phill Hill.

Bon, pour tout vous dire, je ne vais pas vous faire le coup de ré-écrire un article systématiquement. Mais à l’occasion, ça peut me reprendre, l’envie de partager (ou plutôt de vous le balancer à la figure) mon point de vue.

En attendant, allez brûler de la pellicule. Et au trot!

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